Production d’électricité : le gaz naturel, cet allié indispensable mais encombrant
En 2024, la part du gaz naturel dans la production électrique provinciale n’a jamais été aussi élevée : 24,6 térawattheures (TW), soit un bond de près de 30 % par rapport à l’année précédente, a constaté la Société indépendante d'exploitation du réseau d'électricité (SIERE). L'électricité produite à partir du gaz naturel Nous savions que cette augmentation allait se produire : elle était prévisible. Et ce n'est pas une tendance qui va s'arrêter aujourd'hui. Le ministère de l’Énergie et de l'Électrification rappelle de son côté que la province Le fonctionnement de plusieurs unités nucléaires de l'Ontario a été suspendu afin de réaliser des travaux d'entretien, ce qui a incité les autorités à se tourner vers une production accrue d'électricité à partir du gaz naturel. Photo : La Presse canadienne / J.P. Moczulski Il faut dire que le gaz naturel offre un avantage comparatif par rapport aux autres sources d’énergie. En cas de hausse de la demande, La province avait pourtant promis de cantonner le gaz naturel à un rôle de variable d’ajustement. Prévues pour servir d’appoint lors de pics de demande en été comme en hiver et pour ne fonctionner que quelques heures par jour, les centrales au gaz fonctionnent désormais presque 24 h sur 24, sept jours sur sept. La part du gaz naturel dans la production d'électricité en Ontario n’a jamais été aussi élevée après un bond de 30 % en 2024. Photo : La Presse canadienne La centrale de Portlands, un quartier de Toronto près du lac Ontario, met en péril un projet de construction de logements à cause des taux de rejets de polluants dans l’air, jugés trop élevés pour les futurs riverains. Un rapport sur la qualité de l'air commandé par un des promoteurs avait révélé que les émissions d'oxyde d'azote (NOx) en provenance des cheminées de cette centrale sont sept fois supérieures à la limite légale pour les plus hauts étages des immeubles. Pour la première fois depuis deux décennies, la demande en électricité en Ontario a augmenté. D’ici 2050, la province s’attend à devoir produire 75 % d’électricité supplémentaire pour atteindre 149 TW, selon des projections de la SIERE. Et le gaz naturel est appelé à jouer un rôle accru La province pourrait être tentée de se tourner vers l'électricité produite par le Québec ou par le Manitoba afin de s'approvisionner en énergie plus propre. Alors que plus de la moitié du gaz naturel consommé en Ontario provient de la Pennsylvanie et de l’Ohio, cette diversification permettrait aussi de se prémunir des effets d’une éventuelle guerre tarifaire avec les États-Unis avec des tarifs réciproques. Néanmoins, ce scénario est peu probable pour Jean-Thomas Bernard puisque le réseau qui relie New York, le Michigan, l’Ontario ou encore le Québec est parmi La province pourrait aussi se tourner vers ses sociétés qui produisent de l'énergie solaire et éolienne, un écosystème déjà présent et qui n'attend que des investissement, plaide-t-on du côté du Fonds atmosphérique de Toronto. Un grand nombre d'entreprises ont leur siège en Ontario, mais elles font une grande partie de leurs affaires en dehors de la province à cause des décisions prises au cours de la dernière décennie. La province, elle, assure par courriel que Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. De fait, la province se retrouvera à court terme devant un dilemme : maintenir sa position de champion national en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou laisser fondre son avance dans le classement des provinces les plus vertes. Alors qu’en 2017 le réseau électrique ontarien pouvait se targuer d’être propre à 96 %, cette proportion a dégringolé à 84 % l’année suivante. Même s'il existe des parcs d'éoliennes, comme ici dans le Sud de l'Ontario, plusieurs projets ont été annulés par le gouvernement Ford. Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn Le changement est survenu en 2018. La province avait alors annulé 750 projets d’énergie verte. Depuis, la province tente de rattraper son retard alors que l'énergie solaire et l’éolien, dont les coûts de production sont en baisse, sont de nouveau envisagés. En parallèle, la rénovation des centrales nucléaires de Bruce et de Darlington devrait permettre d'augmenter leur productivité à terme. Cependant, leur date de remise en service n’a pas été fixée pour l’instant.représente 16 % du total de l’énergie produite, contre 4 ou 6 % jusqu’en 2019
, explique Aakash Harpalani, directeur du programme d'énergies propres au Fonds atmosphérique de Toronto. C'est préoccupant non seulement en raison de la situation actuelle mais aussi en raison de l'augmentation attendue à l'avenir
, poursuit-il.a suspendu le fonctionnement de trois unités nucléaires à des fins de remise en état, soit l'équivalent de 2600 MW, ce qui est suffisant pour alimenter 2,6 millions de foyers
.
les centrales sont faciles à redémarrer et peu coûteuses à exploiter
, explique Jean-Thomas Bernard, économiste spécialisé dans les énergies et professeur invité à l'Université d'Ottawa. Ces centrales offrent une flexibilité que l’on contrôle
, contrairement au nucléaire ou aux énergies renouvelables.Dépendance croissante au gaz naturel

au moins jusqu’en 2030
, anticipe Aakash Harpalani.Se tourner vers les provinces voisines?
les plus intégrés en Amérique du Nord
. Si un participant important disait : "Je ne joue plus", je pense que sa réputation à long terme serait vraiment ternie
, met-il en garde.les tarifs d'électricité resteront stables et prévisibles en Ontario
, quel que soit l’avenir des relations commerciales avec notre voisin du Sud.Infolettre Ontario
Le retour en grâce des énergies renouvelables

Advertising by Adpathway









